Incendie

Obligation ssiap salle de spectacle : règles à respecter, effectifs nécessaires et responsabilités de l’exploitant

Obligation ssiap salle de spectacle : règles à respecter, effectifs nécessaires et responsabilités de l’exploitant

Obligation ssiap salle de spectacle : règles à respecter, effectifs nécessaires et responsabilités de l’exploitant

La salle de spectacle, ce baril de poudre qu’on fait semblant de ne pas voir

Une salle plongée dans le noir. Une enceinte qui vibre. Un public serré, euphorique, parfois alcoolisé. Des câbles, des projecteurs, des pendrillons, des décors en bois et tissus. Et une seule issue de secours bloquée par un flight-case suffit pour transformer la fête en piège mortel.

C’est exactement pour ça que le SSIAP existe en salle de spectacle. Pas pour “faire joli” dans un organigramme. Pas pour faire tamponner un registre une fois l’an. Mais pour être l’ultime barrière entre l’étincelle et le carnage.

Alors, quelles sont vraiment les obligations SSIAP en salle de spectacle ? Quel effectif ? Quelles règles ? Et surtout, quelles responsabilités pour l’exploitant, celui qui décide… et qui, en cas de drame, ne pourra pas dire “je ne savais pas” ?

Ce que la loi voit quand elle regarde votre salle : un ERP de type L

Avant de parler SSIAP, il faut nommer les choses. Juridiquement, une salle de spectacle est un ERP de type L. Établissement Recevant du Public. Type L, comme :

Ces établissements sont encadrés par le Règlement de sécurité contre l’incendie dans les ERP, et plus particulièrement par :

À partir de là, tout se joue sur deux paramètres :

Plus votre salle est grande, complexe, fréquentée, plus les exigences de sécurité montent. Et plus le service SSIAP devient non seulement nécessaire, mais indispensable.

SSIAP en salle de spectacle : quand est-ce une obligation ?

Le SSIAP, c’est le Service de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes. Il repose sur trois niveaux de qualification :

Dans une salle de spectacle, le service de sécurité incendie permanent devient généralement obligatoire dès lors que l’on atteint les grandes catégories d’ERP (1re à 3e, parfois 4e selon la configuration). Les textes ne laissent pas beaucoup de place à l’imagination : un établissement de spectacle recevant plusieurs centaines de personnes dans des locaux clos, avec éclairage scénique, rideaux, équipements électriques puissants, doit être surveillé par un service formé et organisé.

En pratique, cela signifie que pour une grande salle de spectacle :

Pour les salles plus petites (4e catégorie, certains établissements mixtes), la présence d’un service SSIAP complet peut ne pas être imposée, mais :

Autrement dit : l’absence d’obligation formelle de service SSIAP ne vaut pas permis d’imprudence.

Effectifs SSIAP : combien d’agents pour une salle de spectacle ?

C’est la question qu’on entend partout. “Combien de SSIAP on doit mettre ?”. Comme si l’on parlait de chaises ou de verres au bar.

La réponse honnête tient en deux phrases :

Les paramètres qui influencent l’effectif à prévoir :

À titre d’ordre de grandeur, sans prétendre fixer une norme universelle :

Le piège classique ? Se caler au strict minimum pour “rentabiliser”. Un agent seul au PC, censé :

Physiquement impossible. Moralement inacceptable. Juridiquement risqué.

La seule vraie méthode : se baser sur :

Rôles du SSIAP en salle de spectacle : au-delà du simple “gardiennage”

Le SSIAP n’est pas là pour faire un check des bracelets au bar ni surveiller les loges des artistes. Sa mission, c’est la sécurité incendie et l’assistance à personnes. Point.

En salle de spectacle, ses grandes missions se déclinent ainsi :

Dans un environnement scénique, ces missions se superposent aux contraintes du spectacle : obscurité, bruit, fumées scéniques, foule compacte, artistes parfois imprévisibles, décors encombrants… Le moindre retard de décision coûte des secondes. Parfois des vies.

Responsabilités de l’exploitant : celui qui dit oui, signe avec son nom

On l’oublie trop souvent : le responsable de la salle, ce n’est ni le régisseur, ni le programmateur, ni le chef de plateau. C’est l’exploitant. Celui qui ouvre les portes au public. Qui encaisse les billets. Qui signe les contrats. À ce titre, il porte une responsabilité lourde, à la fois :

Concrètement, l’exploitant doit :

Fermer les yeux ne protège pas. Déléguer à un prestataire SSIAP sans contrôler ce qui se passe réellement sur le terrain, non plus.

En cas de sinistre, les juges regarderont :

Et poseront une question simple, brutale : “Tout ce qui était raisonnablement possible pour éviter le drame a-t-il été fait ?”.

Le duo explosif : spectacle vivant et sous-estimation du risque

Dans trop de salles, on retrouve le même cocktail instable :

Ajoutez à cela des habitudes dangereuses :

Et l’on se retrouve avec une salle qui respecte à peu près la réglementation sur le papier, mais qui, en exploitation, devient une trappe à fumées.

Le rôle de l’exploitant, épaulé par le service SSIAP, c’est justement de casser ce mécanisme. De dire non à ce qui dépasse la limite du raisonnable. De faire de la sécurité un sujet non négociable, même quand les billets sont déjà vendus et que la tournée est “hyper attendue”.

Bonnes pratiques SSIAP pour une salle de spectacle qui veut durer

Vouloir simplement “être dans les clous” ne suffit pas. Une salle de spectacle qui se respecte fait plus, et le fait intelligemment. Quelques axes solides :

Ce n’est pas une lubie de juriste. C’est une méthode pour éviter de voir son établissement fermer après un incendie, un mouvement de foule, un décès évitable.

Au final, la vraie question : que vaut une vie face à un siège vendu ?

La réglementation SSIAP en salle de spectacle n’a rien de romantique. C’est du chiffre, du texte, des arrêtés, des avis de commission. C’est froid. Sec. Administratif.

Mais derrière, il y a autre chose. La réalité crue d’un local technique qui prend feu en plein concert. D’une évacuation dans le noir, avec des gens qui crient, qui tombent. D’une fumée épaisse, noire, toxique, qui descend comme une marée. Et, au milieu de tout ça, quelques agents SSIAP qui tiennent la ligne. Qui connaissent le bâtiment. Qui savent où mener le public. Qui savent quoi dire à la radio, quoi dire aux pompiers, quoi dire au micro.

Le rôle de l’exploitant d’une salle de spectacle, c’est de leur donner les moyens d’être là. En nombre suffisant. Formés. Écoutés. Respectés.

Les obligations SSIAP ne sont pas une charge à supporter. Ce sont des vies à protéger. Des procès à éviter. Et, surtout, la garantie que la salle pourra continuer à faire ce pour quoi elle existe : faire vibrer, sans brûler.

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